25/11/2014

Un transport très désiré

Etre le père d’une idée dans la vallée, c’est bien souvent être l’arrière-petit-fils partout ailleurs. Ainsi l’instauration du transport urbain gratuit n’a en soit rien de novateur, cela se pratique par ailleurs puisque l’on estime à 20% les collectivités territoriales ayant optées pour la gratuité de leur régie de transport. L’idée qui semblait loufoque au départ, a fait son chemin à Sainte-Marie-aux-Mines dans la tête des candidats aux municipales, jusqu’à faire l’unanimité, parfois sans grand enthousiasme, mais une idée qui fait consensus n’est pas si fréquente.


Rappelons que cette initiative a pour but principal de redonner du pouvoir d’achat aux habitants, pouvoir d’achat dépensé dans la zone de chalandise, puisqu’une personne utilisant ce service à la place de son véhicule peut économiser 50 euros par mois, argent qui se retrouverait très probablement dans l’économie locale.


Quelques personnes ont bien posée la question de savoir qui allait payer. La réponse est simple celui qui paye c’est celui qui n’utilise pas le service. D’autres ont imaginé la gratuité pour les plus démunis. Pour entendre dire « toujours tout pour les mêmes » merci bien.


Les élections municipales ont reconduit dans ces fonctions Claude Abel et son équipe. Le maire devenant également président de communauté de communes du Val d’Argent. Dans les autres communes les électeurs ont préféré de nouveaux édiles. Dans ce contexte l’idée d’un transport interurbain bâti avec l’aide du département peut sembler séduisante, mais risque de prendre beaucoup de temps.


Si la gratuité n’est pas remise en cause, le problème de la fréquence est bien réel, une fréquence plus soutenue allant de pair avec la gratuité.


Une autre forme de transport dans la vallée est aussi à considérer, celle de Transval dite taxi à la carte. Il semble que là encore un déficit abyssal soit constaté par les nouveaux élus de la CCVA. La demande explose boostée par un tarif trop avantageux.


A la suggestion de Claude Abel, j’ai rencontré les élus du Val d’Argent pour évoquer le projet bus gratuit. Beaucoup m’ont parlé de covoiturage, je n’y croyais guère, sur le coup. D’autant plus qu’ils évoquent le covoiturage comme un moyen de transport pour se rendre au travail et en revenir. Cela ne peut marcher qu’entre collègues de la même entreprise ; et comme beaucoup d’entre elles pratiquent l’individualisation de leur personnel…


Juillet 2014, je veux aller dans la région de Manosque pour affaire familiale ; j’hésite le voyage est cher. Une amie me suggère le covoiturage, mais devant me rendre dans une pampa désertique, cela me parait compliqué. Par contre j’ai des places dans ma voiture. Je m’inscris sur un site de covoiturage et propose 3 places sur le trajet Colmar Avignon. Et ça marche. Je pars avec trois passagers à 40 euros, soit 120 euros d’économisé ! Ca fait réfléchir, non ?


De retour dans le Val d’argent, j’essaie d’imaginer comment transposer ce modèle économique de façon locale et en plein week-end du 15 août je crée une page Face Book Covoiturage en Val d’Argent. Et je partage. Et mes amis partagent également. Il y en résulte un réel engouement, des offres affluent des demandes également. Mais le constat est rude, cela ne fonctionne pas, ou que de manière marginale. Néanmoins il apparait qu’il faille continuer cette expérience. Un conducteur se rendant à Sélestat et en revenant dans la vallée 4 jours par semaine reçoit 12 euros semaine soit sur 50 semaines 600 euros, bagatelle ! Quant au passager à 9.60 euros l’aller-retour en TER, il gagne encore plus ou au moins autant. Cet argent devrait logiquement se retrouver dans l’économie locale.


Faire donc réfléchir nos concitoyens de cette façon apparait judicieux, particulièrement si des signes incitatifs sont donnés par le pouvoir politique. Une campagne de promotion doit être envisagée.


Mais ce semble plus important encore, c’est d’instaurer un rapport de confiance entre les utilisateurs. Là encore cela ne se décrète pas. Le succès de sites Internet marchands comme Blablacar, vient en grande partie du fait que le système est très sécurisé, bien plus que mon expérimentation.


Pour le transport en Val d’Argent, je proposerai donc, le passage généralisé au covoiturage sous la houlette de la CCVA, l’arrêt du transport urbain dans un avenir proche, l’arrêt du taxi à la carte avec dans un premier temps une augmentation significative du tarif.


La collectivité n’aurait plus en charge ce tonneau des Danaïdes qu’est le coût du transport, les conducteurs verraient leurs frais de véhicule baisser et les passagers économiserait sur le TER. Gagnant pour tout le monde.

Le 15 10 2014